Mon analyse des résultats des élections législatives pour Amiens

Les résultats des élections législatives dans la Somme viennent d’être annoncés, et je tenais à partager avec vous mon analyse de cette situation politique inédite pour notre territoire.

Amiens est partagée entre deux circonscriptions, avec un découpage étrange mais qui peut se résumer ainsi : la circonscription 1 comprend les quartiers nord et ouest de la ville et la 2 les quartiers sud et est.


Première circonscription : François Ruffin (Picardie Debout) réélu

Sans grande surprise, François Ruffin est réélu dans la première circonscription. Malgré un premier tour difficile, il a su mobiliser ses soutiens et convaincre les électeurs, obtenant 51,87% des voix au second tour. Ce résultat démontre l’attachement d’une partie des Amiénois à une gauche combative. François Ruffin définit sa circonscription comme celle des bourgs et des tours. Il fait des gros scores dans les « quartiers des tours » d’Amiens nord, où il a su mobiliser un grand nombre d’abstentionnistes habituels. Sa campagne d’entre deux tours a été selon moi incroyable. Il a su mouiller la chemise en faisant une campagne d’hyper proximité, en restant dans ses valeurs et, stratégiquement, en se détachant ouvertement de Jean-Luc Mélenchon qu’il a qualifié de boulet. Cette stratégie a payé. Il a annoncé qu’il siégera à l’Assemblée mais pas sous bannière LFI. Le voilà sans étiquette.


Deuxième circonscription : Une victoire inattendue pour Zahia Hamdane (LFI)

La deuxième circonscription a connu un bouleversement politique majeur avec l’élection d’une députée FI, Mme Hamdan. Cette victoire est d’autant plus remarquable que cette circonscription était traditionnellement ancrée au centre-droit depuis de nombreuses années. Rappelons que Gilles de Robien et Olivier Jardé en furent députés, puis Barbara Pompili.


La défaite d’Hubert de Jenlis (Majorité présidentielle)

Le candidat de la majorité présidentielle, Hubert de Jenlis, n’a pas réussi à conserver cette circonscription dans le giron du centre-droit, contrairement à d’autres candidats en France de la majorité présidentielle, plus ancrés et moins clivants sur leur territoire. Cette défaite soulève plusieurs questions :


– Elle semble arranger un grand nombre de membres de la majorité municipale qui ne porte pas Hubert de Jenlis en odeur de sainteté, notamment Brigitte Fouré, qui n’aurait vraiment pas apprécié qu’un de ses adjoints obtienne un statut politique supérieur au sien, elle qui n’a jamais été députée française.


– Alain Gest, qui avait mollement soutenu Hubert de Jenlis, ne sera pas non plus mécontent de ce résultat. Rappelons qu’il a avait écrit à propos d’Hubert de Jenlis entre les deux tours « en dépit des réserves exprimées, dans le seul intérêt de notre ville, j’appelle à voter Hubert de Jenlis, un candidat dont le parcours politique ne pouvait faciliter le rassemblement ». Alain Gest rappelle dans cette déclaration que la constance en politique est importante et que les électeurs n’aiment pas les girouettes. Les résultats ont donné raison au président de la métropole. 


– Dans les bureaux de vote d’Amiens, Hubert de Jenlis a été systématiquement battu, à l’exception du bureau André Chénier. Les Amiénois n’ont donc pas placé en première position l’adjoint de leur maire, qui avait appelé à voter pour lui. Chacun en tirera ses conclusions, en mêlant l’aspect « parti politique » et l’aspect « nom du candidat ». 


– Son calcul comptant sur le report des voix des électeurs ayant voté pour Pinon, Decle, Dordain et moi-même au premier tour n’a pas du tout fonctionné. Comme l’a rappelé Zahia Hamdane dans un débat d’entre deux tours, une élection n’est pas de l’arithmétique. J’ai d’ailleurs reçu quelques témoignages d’entre deux tours d’électeurs du bloc central (de gauche comme du centre ou de la droite), ne voulant ni de LFI ni du RN, mais refusant de glisser un bulletin de vote à son nom.


La défaite de Damien Toumi (RN): l’importance de l’ancrage local

Un autre fait marquant de ces élections est la défaite de Damien Toumi, le candidat du Rassemblement National dans la deuxième circonscription. Bien que le RN ait réalisé une percée significative en Picardie, passant de 8 à 13 députés sur 17 circonscriptions, Damien Toumi n’a pas réussi à s’imposer face à la candidate de la France Insoumise.


Cette défaite nous rappelle l’importance cruciale de l’implantation locale en politique. Damien Toumi, bien que collaborateur parlementaire du député RN Jean-Philippe Tanguy, était totalement inconnu des Amiénois. Son manque de notoriété et d’ancrage local a probablement joué en sa défaveur face à une candidate mieux implantée. Au premier tour, il a été porté par la vague bleue marine, au deuxième, cette vague n’a pas suffit à le faire gagner. 


Ce résultat souligne une réalité fondamentale de la vie politique : les électeurs accordent une grande importance à la connaissance du terrain et à la proximité de leurs représentants. Ils préfèrent souvent des candidats qu’ils connaissent, qui comprennent leurs préoccupations quotidiennes et qui sont impliqués dans la vie locale depuis plusieurs années. C’est en étant présent sur le terrain, à l’écoute des citoyens et en agissant concrètement pour améliorer leur quotidien que l’on gagne leur confiance.


Cette leçon est précieuse pour l’avenir d’Amiens. Elle nous rappelle que pour construire une ville dynamique et à l’écoute de ses habitants, nous avons besoin d’élus profondément ancrés dans le tissu local, capables de comprendre et de porter les aspirations des Amiénois.


C’est précisément cette approche de proximité et d’engagement local que je m’efforce de mettre en œuvre au quotidien. Je reste convaincu qu’elle est la clé pour réveiller Amiens et lui redonner tout son éclat.


Mon expérience dans cette élection : une leçon d’humilité 

Il est important que je vous parle également de ma propre expérience lors de ces élections législatives. Comme vous le savez, je me suis présenté en tant que candidat indépendant dans la 2e circonscription de la Somme. Malgré mon engagement sincère et mon désir de servir notre territoire, je n’ai pas réussi à passer le premier tour.


Cette expérience m’a apporté une précieuse leçon d’humilité. Elle m’a rappelé que dans le contexte actuel, profondément marqué par les clivages politiques, il est difficile pour un candidat sans étiquette de se faire entendre dans une élection à portée nationale dont l’objectif est de décider qui gouvernera la France. Les électeurs cherchaient à s’identifier à des courants politiques clairement définis.


Cependant, loin de me décourager, cette expérience a renforcé ma conviction qu’il est nécessaire de continuer à travailler au plus près des Amiénois, d’être à l’écoute de leurs préoccupations quotidiennes, et de construire des solutions concrètes pour notre ville. Elle me rappelle l’importance de l’ancrage local et de la proximité avec les citoyens.


Je tiens à remercier chaleureusement tous ceux qui m’ont fait confiance et qui ont cru en ma vision pour Amiens. Votre soutien me touche profondément et me motive à poursuivre mon engagement pour notre ville.


L’élection municipale est d’une autre nature et les électeurs le savent. À chaque élection, ils mesurent l’enjeu et décident en fonction de sa portée sur leur quotidien. À moi et mon équipe de les convaincre et d’être les meilleurs lors de la prochaine campagne. Je retiens de cette campagne éclaire que rien n’est gagné d’avance, qu’une élection est un combat difficile et épuisant, qu’il faut une équipe forte et nombreuse, et qu’il faut des alliés. Je construis cela depuis des années, il reste encore quelques mois pour poser les dernières pierres, solides, unies, et résilientes. 


Vers un nouvel avenir pour Amiens ?

Ces résultats dessinent une nouvelle carte politique pour notre ville. D’un côté, deux circonscriptions amiénoises sont désormais détenues par le Nouveau Front Populaire, de l’autre, la Mairie et la Métropole restent gérées par la droite pour encore 18 à 24 mois, selon la date de l’élection municipale pas encore connue (mars ou juin 2026).


Face à cette bipolarisation, je persiste à penser qu’il est temps d’envisager une troisième voie. L’avenir d’Amiens réside dans un centre, sans étiquette, capable de rassembler toutes celles et ceux qui aiment notre ville.


Je reste convaincu qu’il est possible de faire de la politique autrement, en dépassant les clivages traditionnels et en rassemblant toutes les bonnes volontés autour d’un projet commun pour Amiens. 

Je suis convaincu que nous pouvons dépasser les clivages politiques traditionnels pour construire ensemble l’Amiens de demain. Une ville qui redonne fierté à ses habitants. La fierté d’être amiénois, Amiénois du nord comme Amiénois du sud, Amiénois des quartiers populaires comme Amiénois des quartiers les plus aisés, Amiénois entrepreneur comme amiénois ouvrier. Il n’y a qu’un maire sans étiquette, qui pourra porter un projet pour tous ces Amiénois différents, qui pourra le faire. 


Être sans étiquette, ce n’est pas être sans conviction. C’est au contraire celle d’avoir, avant toutes autres, une vision non clivante des choses et des gens, pour remettre du bon sens dans la gouvernance de notre ville et porter un projet de territoire qui parle au plus grand nombre d’Amiénois.


En avant vers l’élection municipale de 2026 

C’est ce projet que je souhaite porter avec vous pour les prochaines élections municipales. Un projet qui s’appuie sur l’écoute, la proximité et l’action concrète au service de tous les Amiénois.

C’est dans cet esprit que je poursuivrai mon engagement à vos côtés.